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Pensée pour saint Joseph

Pensée 81

Saint Joseph, ou la béatitude du Gardien : « Heureux l’homme qui m’écoute, veillant tous les jours à ma porte, montant la garde à mon seuil ! » (Pr 8,34)

Pensée 80

Qu’on se représente Jésus à Nazareth… On s’émeut alors que la Vie ait voulu naître et l’on rend grâce à la Sainte Vierge. De telles pensées laissent peu de place à saint Joseph qui participa indirectement à la transmission de la vie.

Que l’on considère pourtant que le Verbe a voulu recevoir la Parole. On rendra grâce à saint Joseph qui sut transmettre la Loi et son rapport à la vie. On sera émerveillé que la Lumière ait voulu être éclairée.

Pensée 79

« Désormais tous les âges me diront bienheureuse. » (Lc 1,48)

Avant l’ange, Joseph appela Marie « Bienheureuse ». Que ses yeux se posent sur elle, que ses pensées se tournent vers elle, que sa prière s’unisse à la sienne, l’éclat de son humilité fait s’exclamer : « Bienheureuse ! ». Joseph en effet n’est pas seulement étonné de ce qu’elle fait, il n’est pas seulement reconnaissant de ce qu’elle donne, il est simplement émerveillé de ce qu’elle existe, de ce qu’elle est telle qu’elle est.

Bienheureuse es-tu Marie !

Pensée 078

On s’étonne que Joseph n’ait laissé aucune trace, aucune parole, aucun édifice, comme le font les gens importants.

Pourquoi ne pas y voir le détachement des pauvres authentiques, ceux dont la seule richesse est la paternité de Dieu ? N’est-ce pas la pauvreté que l’on observe en Jésus lui-même ? Le Seigneur a-t-il laissé des traces en marchant sur l’eau, a-t-il laissé un sillage en montant au Ciel, a-t-on conservé les signes qu’il a tracés sur le sol ? Il était détaché de tout, de sa Parole même qu’il confia à Marc, Matthieu et Luc et Jean de nous transmettre.

De même, Joseph s’est dépouillé de tout et il revint à Marie de le désigner comme notre Père.

Pensée 77

Tout ce qui grandit, grandit en silence. Saint Joseph, dont l’identité et la mission sont ordonnés à la croissance, pouvait-il être autre que l’homme du silence ?

Pensée 76

Le matin, selon l’ordre bon des choses, « l’homme sort pour son ouvrage, pour son travail, jusqu’au soir. » (Ps 103,23) Ainsi Joseph, ainsi Jésus avec son père le charpentier, faisaient œuvre de sagesse. Voici le fini et l’Infini, l’homme et Dieu œuvrant ensemble dans le silence et la familiarité restaurée.

Le fils de Dieu admirait l’artisan remarquable « en habileté, intelligence et savoir pour toutes sortes d’ouvrages ; pour concevoir des projets et les exécuter en or, en argent et en bronze ; pour tailler les pierres à enchâsser, pour tailler le bois et pour exécuter toute sorte d’ouvrage » (Ex 31,3-5) en vue d’édifier la maison de Nazareth, nouvelle tente de la rencontre. L’ouvrier, quant à lui, levait les yeux au ciel pour la prière, louant Dieu pour l’« ouvrage de ses doigts. » (Ps 8,4) Le fini et l’Infini s’émerveillant l’un l’autre.

Dans l’atelier de saint Joseph, tout homme redécouvre comment le travail fait ressembler au Père céleste, combien le travail est fait pour l’homme.

Pensée 75

En affirmant que saint Joseph est « un homme juste » (Mt 1,19), saint Matthieu dévoile sa ressemblance avec le Fils, car « celui qui pratique la justice est juste comme lui, Jésus, est juste » (1Jn 3,7). Or, « puisque vous savez que Dieu est juste, reconnaissez que quiconque pratique lui aussi la justice est né de lui » (1Jn 2,29).

Dès lors, le premier évangile atteste combien saint Joseph mérite le nom de fils du Père ; il révèle que sa paternité consiste à introduire Jésus dans la vie filiale.

Pensée 74

« Béni soit le Seigneur, Dieu d’Israël, depuis toujours et pour toujours ! Amen ! Amen ! » (Ps 40,13) Quelles délices pour les anges d’accompagner la prière qui montait de la maison de saint Joseph.

Joseph apprenait les psaumes à Jésus, Jésus chantait et apprenait à Joseph. La prière de bénédiction s’emparait alors du cœur de son père, le travaillait, le façonnait à la ressemblance originelle (cf. Gn 1,27). Bénir est l’acte filial. Et l’enfant Jésus, appliqué à imiter l’exemplaire Joseph, comprenait ce qu’est être fils du Père.

Saint Joseph, que nous vivions en bénédiction !

Pensée 73

Saint Joseph, l’homme de la dernière minute ? Qui s’assurerait de notre persévérance en n’exauçant qu’au dernier extrême ? Qui éprouverait la foi par l’hypothèse d’une prière refusée ?

Saint Joseph s’y prend avec nous comme Dieu avec lui. On comprend facilement notre collaboration à l’œuvre de Dieu comme une part de travail. Elle consiste surtout à purifier notre volonté dans le travail. Dieu exauce ce qu’on demande en vérité. On ne sait ce qu’on veut vraiment qu’en y travaillant. On n’atteint l’unum necessarium, l’unique nécessaire (cf. Lc 10,42), qu’en dépassant les dissipations mondaines ; une prière n’a de poids qu’ordonnée au salut. Saint Joseph nous laisse ainsi épuiser toutes les ressources du travail, il patiente jusqu’à l’avènement de la volonté unifiée et centrée sur le Christ. En somme, dans le temps que Dieu donne, saint Joseph nous aide à formuler la demande d’un cœur simple. Qu’il exauce toujours.

Pensée 72

Peut-on voir en saint Joseph un modèle de vie apostolique ? Soyons francs : il semble être le contraire des apôtres. Eux ont proclamé l’Évangile à temps et à contre temps, ils ont annoncé Jésus à tous les peuples de la terre, ils le mettent au grand jour. Lui, au contraire, ne parle jamais, il cache Jésus, il s’enfouit avec lui dans la nuit de l’Égypte.
Mais la vie apostolique consiste-t-elle à parler de Jésus ou à le faire connaître ? La vie de saint Joseph est mystère d’effacement qui laisse toute la place au Christ. Cette attitude spirituelle est le fondement de toute vie apostolique. Le chemin de l’intériorité prime, le silence de saint Joseph s’épanouit dans le témoignage de l’apôtre : « Ce n’est plus moi qui vit, mais le Christ qui vit en moi ! » (Ga 2,20)